Glacières, chaises et tables pliantes... et parapluies. Le public avait tout prévu pour passer la journée sur le bord de la route dans la grande montée juste avant La Romagne.
« On a des baguettes, le pâté et des bouteilles de vin. Tout pour passer une bonne journée », confie Ghislain Hilauret, retraité, venu avec trois autres amis de La Roche-sur-Yon. Les plus matinaux avaient pris place dès 7 h. Ils étaient là avant même que les occupants des nombreux camping-cars n'aient mis le pied dehors.
« Nous voulions être les premiers pour pouvoir choisir la bonne place, explique Ghislain Hilauret.
Nous venons à chaque fois que le Tour passe à proximité. »Pour d'autres, le Tour de France est le rendez-vous incontournable du mois de juillet. Quasiment un pèlerinage.
« Mon mari et moi, nous faisons toutes les étapes de Tour depuis onze ans avec notre camping-car, raconte Mireille Surot du Val-d'Oise.
Nous sommes partis hier soir de Nantes et ce soir, on reprend la route. On se place toujours dans les 50 derniers kilomètres de l'étape. » Des camping
-cars, il y en a à perte de vue sur le bord de la route. Arrivés parfois depuis samedi, ils sont plusieurs centaines venant de toute la France et même de Belgique ou des Pays-Bas.
« On retrouve souvent les mêmes personnes sur les étapes, ajoutent Mireille et Jacques Surot, venant de Sarlat en Dordogne.
Nous venons pour le côté sportif mais aussi pour l'ambiance du Tour. Et puis, ça nous permet de voir du pays. »Patience
À 9 h, les bords de la route sont déjà noirs de monde. Des centaines de fauteuils pliants sont alignées devant la rangée de camping-cars. En attendant la caravane publicitaire, on discute avec les voisins de la journée, du temps menaçant de cette matinée, de l'étape de la veille, des performances du Français Romain Feillu.
La caravane publicitaire est en vue. Comme par réflexe, tous se lèvent pour se placer en première ligne. L'objectif est d'attraper le plus de cadeaux.
« On vient pour les coureurs, mais aussi pour la caravane. C'est un élément essentiel du Tour. Et surtout, ça fait plaisir aux enfants », avoue Nicolas Morilleau, de Maché, en Vendée, venu avec ses trois enfants. À son passage, les bras se lèvent, les voix s'élèvent. Petit à petit, les têtes se couvrent de bobs bleus ou jaunes, et de casquettes rouges et blanches.
Puis, le calme reprend. On se rassoit. Les gens ouvrent les journaux qu'ils viennent de recevoir, font l'inventaire des cadeaux. Il est presque 11 h. C'est l'heure de l'apéritif pour Ghislain Hilauret et ses trois amis. Ils débouchent les bouteilles de muscadet en écoutant la radio.
Il est midi, les Français s'attablent
À 11 h 20, le premier coureur arrive. Dernier du classement, il est chaudement encouragé par la foule. Classement en main, certains annoncent le nom à chaque coureur qui passe. Les pronostics vont bon train. A midi, les tables pliantes sont déployées.
« Vous les Français, vous êtes bien le reflet de votre stéréotype, quand je vous vois avec vos sandwichs à la baguette et vos bouteilles de vin », observe Nancy Guérin, originaire de Pennsylvanie, aux États-Unis, en vacances dans la famille de son mari, à Carquefou.
Les coureurs se succèdent. La foule s'avance sur la route, crie, lève les bras, encourage les coureurs à chaque passage. Les Français encore plus que les autres. Nancy Guérin, elle, hurle des encouragements en anglais aux coureurs américains. À peine le temps de reprendre son souffle que le suivant arrive déjà.
Amélie GIRARD.